Sendid Mohamed: Lorsque syndicalisme et arbitrage font bon ménage par Adjal Lahouari

21 mars 2010

Non classé

A quoi tient une carrière d’arbitre ? Parfois à peu de choses en vérité. Dans le cas de Sendid Mohamed, admirateur de l’arrière Tchèque Dobias, c’est parce que ses copains du café du théâtre ont voulu le taquiner qu’il a accepté le défi de prendre le sifflet. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître.

Sendid fit l’unanimité par sa prestation. Il n’en fallait pas plus pour que Berras Lahouari lui propose d’aller à la LOFA pour assister au cours du vendredi dispensés par Benzellat et Hadj Ghalem. Lors d’un cours, Benzellat a posé une question, le silence se fit dans la salle. C’est alors que Sendid, qui n’était pas affilié, leva le doigt et répondit correctement. Un garçon aussi étonnant ne pouvait que retenir l’attention des conférenciers. Ce fut Hadj Meftah, un des fidèles parmi les fidèles, qui l’ «adopta». Et puis, avec de tels enseignants, il ne pouvait qu’acquérir très rapidement l’essentiel des lois du jeu. «J’ai joué au football et ça m’a aidé, je n’étais nullement dépaysé», dira-t-il. Le légendaire discernement de Benzellat allait constituer le tournant de sa jeune carrière. Un jour, discrètement vêtu d’une djellaba, Si Kouider a supervisé Sendid à qui on avait confié le match junior MCO-ASM. Nous sommes en 1971. Trois mois plus tard, il est linesmen puis désigné au centre. Ses différents examinateurs sont unanimes: «ce jeune ira loin car il connaît les lois, il a de l’autorité et de la personnalité». Pour un garçon aussi doué, les examens des séries ne constituent que des étapes rapidement franchies avant d’être promu international. L’Angleterre (FISU), l’Espagne, (JO 92 Barcelone), le Proche-Orient, l’Asie et l’Afrique jalonnement sa carrière. Une carrière qui aurait être plus accomplie avec le mondial au tableau de chasse. Hélas, les coulisses existent aussi dans ce milieu. La franchise de Sendid a fait le reste, mais il ne regrette rien, car pour lui «un chat est un chat». Or, ce genre d’attitude ne plaît nullement à certains décideurs. Il est parti très dignement mais n’a pas quitté l’arbitrage. La preuve, dans son esprit fertile, a germé un grand projet intitulé «l’arbitrage de football pour tous», un livre accompagné d’un cédérom «pour combler un vide et enrichir la bibliothèque sportive nationale avec cet outil pédagogique», précisera-il. Lorsqu’on vous disait que Sendid Mohamed est un personnage hors-normes, on ne se trompait pas.

Eclectisme

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Mohamed Sendid est un personnage qui ne laisse personne indifférent. Il a la particularité d’être connu aussi bien par les sportifs que par les syndicalistes. Dialogues réels: «Sendid, de l’UGTA?» Où puise-t-il donc ce dynamisme qui lui permet d’être au four et au moulin, tout en ayant constamment un ou deux projets en tête? Hamraoui bon teint, il est né rue des Puits, puis a vécu au Plateau. Elève modèle à l’école Neggaz Lahouari, il fait la connaissance de Ayad, Hani, Djaafar, Hansal Amor. Première licence au MCO, où il découvre les anciens tels Fali, Bessol, Douili, Abbès, Benabed, Belgacem, Echeikh Ouaddah, Chibani et Draoua. Il se souvient de leurs conseils et orientations. Deux saisons plus tard, c’est l’ASM qui l’accueille aux côtés des Soufi, El-Andalousi, Sadou, Bendas, Kadirou et Beramla. La SNIC, avec l’homme-orchestre Bloufa, figure en troisième position. la SNIC, c’est Hani, Boukraâ, Bloufa, Rabah, Aoued et bien d’autres. Il affronte Zenasni du CDJ, Bousfer, El Ançor et Aïn Kihal. C’est ensuite le Stade CALO et la révélation: «Dans ma tête c’était sueur, plus douche», dit-il. L’arbitrage le happe pour un quart de siècle, mais n’arrive pas à le contenir. L’UGTA l’accueille. Avec Bendjahene, il lance la ligue «sports et travail» qui obtient un succès retentissant. Directeur de la centrale laitière, les arcanes du syndicalisme n’ont plus de secrets pour lui. IL est élu au sein de l’union de wilaya, devenant le plus proche collaborateur de Benhamouda, le grand patron de l’UGTA. Vice-président de la FAF, membre de la CCA, l’AG le propulse président de la LOFA. Il est membre du CNES et de FIF-PRO. La gestion financière, n’a plus de secrets pour lui, car il a trouvé le temps de fréquenter l’université. La retraite, pour lui, ça ne veut rien dire. Il entend apporter sa contribution à l’arbitrage, défend les arbitres «victimes de la politique du football et sanctionnés en raison de pressions extérieures», dira-t-il. Sa douillette maison l’invite à souffler un peu. Que non, car il a déjà tapé sur son micro les deux premiers chapitres d’un roman tiré de faits réels et émouvants. Il admire notre chroniqueur Kamel Daoud qu’il connaît fort bien. Avant de nous quitter en compagnie de son ami et confident Hachemi Kouider, il nous a appris qu’il était (déjà) sur un important projet ! Si quelqu’un s’avisait à suivre Sendid, il est certain qu’il sera vite essoufflé !

Siège

Sendid se souvient que le siège du MCO se trouvait au niveau du «Coq d’Or» bd de la Soummam. Les fidèles dirigeants Abbes, Belgacem et Benabed s’y activaient dans le domaine du recrutement et la signature des jeunes. Il a en mémoire les matchs amicaux en lever de rideau des rencontres seniors.

Judo

Dans sa jeunesse, Mohamed Sendid a pratiqué le judo, chez maître Lacombe (une référence), puis chez Hamida et Hadj Meskine. Les joueurs qu’il a arbitrés n’ont jamais su qu’ils avaient en face d’eux un habitué des tatamis.

Café théâtre

A une certaine époque, le café du théâtre était le point de ralliement des sportifs et des turfistes. C’est là que des copains ont fondé une équipe très homogène, avec Belmokhtar Mustapha, Hachemi Kouider, Khellil Ahmed, Berras, Amar, Fréha, Baghdad, Djaafar, Hadi Hani et bien d’autres. C’était une véritable sélection.

Prémonition

Sollicité par ses copains, Mohamed Sendid a, pour la première fois, accepté d’arbitrer un match amical au stade du CALO. Fréha, qui avait dribblé tout le monde, y compris le gardien adverse, a alors enlevé une chaussure et… poussé le ballon avec celle-ci dans les filets. Sans une seconde d’hésitation, Sendid a refusé d’accorder le but. Fréha lui a alors dit : «Toi, tu vas devenir un grand arbitre!».

Reconnaissance

Sendid n’est pas un ingrat. Il reconnait qu’il doit beaucoup à Benzellat, Hadj Ghalem et Hadj Meftah considérés comme ses maîtres. Il dira de Mokhtari que c’était son «parrain» qui se déplaçait pour le voir à l’oeuvre. Il qualifie Settaoui «de grand monsieur» et de Bendjahene «mon complice», sans oublier Kaïd Ahmed et Mihoub, «des collègues admirables».

Merzoughi

C’est notre estimé confrère de l’ENTV qui, le premier, a appris la promotion de Sendid au grade d’international après avoir assisté à une réunion de la CAF, lors de la CAN en Zambie. Il a pris son téléphone et annoncé la bonne nouvelle au récipiendaire.

Aplomb

Après avoir reçu son insigne de referee Fifa à Alger, on demanda à Sendid d’improviser un petit speech de circonstance. Avec un certain aplomb, Sendid dira : «Celui que je dois remercier (NDLR Blatter SG Fifa) n’est pas là. Excusez-moi, j’ai rendez-vous avec M.Benhamouda» (SG UGTA).

Cours

C’est au niveau du siège de l’UGTA d’Oran que des cours d’arbitrage ont été dispensés par Sendid aux jeunes arbitres, avec des supports audio et vidéo. A une certaine période, c’était une véritable concurrence avec la LOFA.

Eto’o

C’est lors d’une cérémonie organisée par la FIF-Pro, et dont Sendid est membre, que l’international camerounais et buteur du Barça, a remis un maillot du FCBarcelone au Président de la République Abdelaziz Bouteflika.

Mouffok Boumediene

S’il y a une personne qui a impressionné Sendid par son comportement exemplaire, c’est bien Hadj Mouffok Boumediene, récemment loué par Hadj Ghalem. «Il était très compétent et savait dénouer tous les problèmes. Voilà, une valeur dont le football a grandement besoin», affirme Sendid.

Fermeté

Au mois de décembre 1995, Sendid devait diriger le chaud derby MCA-USMA. Or, le match a été reporté à deux reprises pour se dérouler finalement au mois de janvier 1996. La désignation a été maintenue, mais Sendid, estimant avoir atteint l’âge limite pour un international, a refusé d’arbitrer et ce, en dépit d’une promesse de cérémonie d’adieu.

Indemnités

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Sendid a souvent refusé de percevoir ses indemnités d’arbitrage. Lui-même ne sait pas quelles sommes d’argent lui revenait en réalité. Cette attitude a contraint le secrétaire de la LOFA Mouffok Boumediène à demander aux arbitres l’ouverture de comptes CCP.

Félicitations

Sendid a sorti un livret traitant des règlements généraux. Destinataires du document, la ligue de l’époque et la FAF n’ont pas daigné donner suite. En revanche, la FIFA, qui a soumis le document à sa commission spécialisée, a adressé ses félicitations et encouragements à l’auteur.

Mondial

En principe, Sendid, fort bien côté sur le plan continental, aurait dû officier lors du mondial 1994. Or, pour avoir âprement défendu son point de vue sur la règle de l’avantage comme prescrit par les lois du jeu face à l’ancien arbitre Polonais Palotaï, il sera écarté au profit du tunisien Jouini. Ce sont les mystères de l’arbitrage international.

Plongeons

Au cours d’un derby de la capitale disputé au stade du 5 juillet par temps pluvieux, un joueur a effectué plusieurs plongeons sur le terrain très gras et glissant. Voyant son manège, Sendid lui a assuré que même s’il était «descendu» réellement par un adversaire, il ne sifflerait pas ! Il n’y a plus eu de plongeon par la suite !

Education

Après avoir dirigé le jeudi un match d’élite, Sendid éprouvait le plus grand plaisir à arbitrer vendredi matin une rencontre entre minimes, avec une tenue propre et soigneusement repassée. Là-aussi, il a fait preuve d’imagination : Lorsqu’une rentrée de touche était mal faite, il autorisait le même joueur à effectuer cette rentrée correctement, avant de redonner le ballon à l’équipe adverse.

R4

Désigné pour un match à Collo, Sendid s’est heurté au problème de la réservation d’avion. Un autre arbitre se serait désisté au vu de cette difficulté. Sendid a effectué sans broncher, le parcours Oran-Collo-Oran en R4 ! L’aller en solo, le retour avec ses linesmen qui, eux, avaient rallié la ville du Collo par avion et taxi.

Première mondiale

C’est sans aucun doute en Algérie que l’arbitrage à quatre a débuté, bien avant que la FIFA et le BOARD ne le promulguent. Cet évènement s’est déroulé lors du match MCA-ESS au stade Bologhine. Se trouvant à Tunis, il n’était pas certain que Sendid, désigné pour ce choc décisif, arrive à temps, Taleb était prévu pour pallier cette éventuelle absence. Sendid, après une véritable course contre la montre, est arrivé au stade. Et comme le suppléant Taleb était en tenue, Sendid l’a invité à pénétrer sur le terrain, en compagnie des deux juges de touche. L’arbitrage à quatre venait de «naître en Algérie. Photo à l’appui.»

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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